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> Le film Ring 0 - Birthday


Fiche technique
Réalisateur : Norio Tsurata
Scénariste : Hiroshi Takahashi (d'aprés l'oeuvre de Koji Suzuki)
Acteurs : Nakama Yukie, Tanabe Seichi, Asou Kumiko, Ban Daisuke, Hashimoto Masami
Compositeur: Ogata Shin'ichirou
Producteurs : Ogawa Shinji et Nagai Masao
Sortie cinéma japon : 2000
Sortie cinéma france : PAs encore sorti
Sortie DVD Zone 2 : Sorti le 5 février 2003 dans un box regroupant Ring et Ring 2 sans Ring 0. Le DVD étant maintenant prévu seul pour la fin 2003.

Interprétation
Nakama Yukie : Yamamura Sadako
Toyama : Tanabe Seiichi
Tachihara Etsuko : Asou Kumiko
Ikuma Heichahiro : Ban Daisuke
Kiyomi : Hashimoto Masami
Yamamura Shizuko : Masako
Et Aso Kumiko, Furuya Chinami, Kadokae Kazue

Filmographies
- Tsuruta Norio (réalisateur)
2001 : Kakashi
1996 : Akuryo Kaidan Noroyaraia Dijotaghi Borei galkyu
- Nakama Yukie (Sadako)
2001 : Ashita Ga Arusa (TV)
2000 : Nen No Koi ak “AD 2000 - Don’t shoot her” Haunted Junction
1999 : Kim to ita mirai no tame ni I’ll be back
1998 : Love & pop


Présentation

L'histoire de Ring 0 est antérieure à Ring. Elle raconte l'histoire de Sadako, interprétée par Nakama yukie, lorsque celle-ci intègre une troupe de théatre et découvre ses pouvoirs. Autour d'elle des morts mystérieuses s'enchaînent... Cette histoire a été vaguement dans le livre Ring, avant que Koji Suzuki ne la développe dans la nouvelle Birthday. La petite histoire veut qu'à l'occasion de ce film, Sega ait ouvert dans son parc Joypolis, une attraction dans laquelle les joueurs doivent lancer des balles sur Yamamura Sadako.


Critique du film réalisée par Marc

Ring 0 est le 4ème et dernier film de la série japonaise inspirée des romans de Kûji Suzuki. Outre “Ring” et “Ring 2” réalisés par Hideo Nakata, la série comprend aussi “Rasen” qui fut mis en chantier parallèlement à “Ring” en 1998 avec certains des comédiens qui y reprenaient leur rôle. Devant le flop total de ce film, pourtant d’après le synopsis assez fidèle au 2ème roman, la production rappella Nakata afin de tourner ce qui devint la suite “officielle” que nous connaissons. Le cinéaste préféra cependant passer la main lorsqu’il fut question de réaliser un ultime film, une prequel qui bouclerait la série, apportant, bien que se déroulant avant les précédents films, les réponses aux questions que se posaient les fans. Ceci un peu comme le fit David Lynch avec “Twin Peaks Fire Walk With me”, film qui racontait les 7 derniers jours de la vie de Laura Palmer, trouvée morte au début de la série télé (série objet d’un véritable culte au Japon). On peut supposer que c’est un objectif un peu similaire que se fixèrent les producteurs de “Ring 0”. En effet, le film s’attache à suivre pendant les derniers jours de sa vie Yamamura Sadako, âgée d’environ 20 ans, qui deviendra une trentaine d’années plus tard la responsable de la terrible malédiction liée à la K7 video... Pour cela, à partir d’une de ses nouvelles, “Lemonheart”, Suzuki lui-même écrivit un scénario plus complexe, réalisé brillamment par Norio Tutsura (voir sa filmographie, je n’en sais pas plus sur lui sauf que, au vu de “Ring 0”, ce cinéaste est un très grand réalisateur dont on ne peut que regretter ne rien connaître de son oeuvre chez nous).

L’histoire
A partir d’ici, attention, pour le cas où vous ne tenez pas à être spoilés, je vais un peu dévoiler l’histoire... Il est à noter cependant qu’il y a - hélas, trois fois hélas car un tel film mériterait mieux que ce triste sort - peu de chances que ce film soit distribué dans notre beau pays, la sortie DVD n’étant même pas certaine (je me félicite au passage d’avoir acheté l’édition anglaise !). Donc, “Ring 0” commence de nos jours, et se présente comme une suite plus ou moins directe de “Ring 2”. Deux collègiennes évoquent au téléphone la funeste cassette video dont la malédiction semble toujours se propager, provoquant de surcroit chez ses futures victimes des rêves sinistres dans lesquels celles-ci se revoient dans la maison du professeur Ikuma, près d’Izu et aperçoivent le puits dans lequel Sadako fut jetée et laissée pour morte pendant 30 ans ! Vivant le rêve de l’une des collégiennes, nous sommes soudain transportés au tout début des années soixante-dix. Une reporter, Miyaji Akiko enquête sur l’île d’Oshima, afin de retrouver la trace de la jeune Yamamura Sadako qui y vécut et fut élève du collège local. La jeune femme, investigatrice opiniâtre mais peu sympathique, s’acharne à éclaircir le mystère des expériences de parapsychologie auxquelles furent mélées la petite Sadako et sa mère Shizuko et qui causèrent le décès d’un journaliste (évènement relatés dans “Ring 0”). On apprend au passage qu’au fil des années, tous les participants à cette sinistre séance sont morts ! Les recherches de la journaliste la mènent à Tokyo où elle rencontre un psychiatre ayant travaillé avec le père de Sadako mais il prétend ignorer ce qu’est devenue l’enfant, dix ans après le drame. Il ne l’ignore pas cependant puisque, au contraire, on va apprendre qu’il est son thérapeuthe ! Nous retrouvons ainsi ladite Sadako, bien vivante, doublure dans une troupe de théâtre à Tokyo. Mais, alors que ce simple prénom nous faisait frémir au vu des deux précédents films, nous faisons peu à peu connaissance d’une douce et belle jeune fille, sensible et timide et qui s’avèrera même adorable au fil de l’histoire. Il s’avère cependant que Sadako souffre de certaines visions, apercevant des êtres, vraisemblablement des fantômes qui demeurent invisibles à son entourage, troubles pour lesquels elle est suivie à l’hôpital par le psy interrogé précédemment par la journaliste. Tout le monde suit, c’est bon...? C’est donc en nous attachant à l’existence quotidienne de Sadako que le film prend petit à petit, toute sa force et sa dimension singulière. Nous nous apercevons que celle qui nous a tant terrifiés et révulsés est en fait la plus pure et innocente des héroïnes que l’on puisse imaginer !

Un film fantastique sur la différence ?
Sadako est certes un peu étrange et inquiétante mais, lorsque des événements de plus en plus troublants puis une mort suivie d’une disparition au sein de la troupe de théâtre, surviennent, il apparaît comme évident que la malheureuse ne contrôle pas les forces surnaturelles qui semblent rôder autour d’elle ! Suspectée aussitôt d’autant que, du fait du décès de la jeune vedette, elle devient du coup tête d’affiche, Sadako, déjà à la base rejetée par la plupart des membres de la troupe en raison de son excessive timidité et d’une certaine inadaptation sociale, n’est pourtant en rien responsable. Elle subit, en fait, un ostracisme allant grandissant qui n’est pas sans rappeller les avanies dont est victime John Merrick dans le film “Elephant Man” de David Lynch (encore lui !) et cela à cause de sa différence...! Car, différente, Sadako l’est, c’est indiscutable... Son apparence est assez étrange, bien qu’elle soit très belle. Sa démarche et la lenteur avec laquelle elle se déplace, ses longs cheveux noirs tombant souvent en avant, cela n’est pas pour rassurer, de même que son allure perpétuelle de chien battu. Autant de particularités qui contribuent à la rendre différente pour ceux qui ne cherchent pas à la connaître ni à la comprendre. Il en est de même pour le talent dont elle fait preuve, son aptitude à l’art dramatique étant même le facteur déclenchant de la jalousie puis du déferlement de haine et de violence qu’elle va susciter lorsque les évènements vont se précipiter. La compréhension et l’intérêt qu’a pour elle son médecin, qui découvre que Sadako possède un don merveilleux de guérison, l’amour qu’elle va éveiller chez l’ingénieur du son Toyama ne seront pas suffisants pour empécher les forces démoniaques que Sadako porte en elle, de se déclencher à leur paroxysme, provoquant sa fin tragique et terrifiante.

“Ring 0” : critique d’un film invisible (*)
C’est bon, ceux qui avaient zappé le début, vous pouvez r’venir (si vous n'avez rien de mieux a faire...) !!!
Dans sa première partie, le film se présente comme une romance sur fond d’intrigue à énigme teintée de surnaturel. Progressivement cependant, replongeant aux sources du climat de terreur des deux précédents films, on comprend rapidement qu’une présence inquiétante, mystérieuse, rôde en permanence autour de Sadako et que la jeune apprentie-comédienne n’est décidément pas une adolescente comme les autres. Il faut d’ailleurs avouer que les premières apparitions de Sadako mettent le spectateur un peu mal à l’aise, même si, rien ne justifie ce malaise. Le simple fait de savoir de quoi Sadako s’est rendu “coupable” suffit à provoquer un sentiment de méfiance voire d’hostilité. La prouesse du film n’en sera que plus grande de renverser complètement l’opinion que l’on avait du personnage. C’est pourtant rayonnante, avant la plongée dans le fantastique puis dans l’horreur, qu’elle apparaît, dans la seule scène ensoleillée et optimiste de ce drame très noir et même atroce (sur la fin), lorsque elle s’avance sur scène, au son des premières mesures de “L’Adaggio” d’Albinoni déclamant avec conviction un passage de la pièce dont elle est la vedette, texte qui reflète à ce moment précis son état d’esprit et qui est la véritable révélation de ce qu’elle est vraiment alors que, pour la première fois, il lui semble entre-apecevoir une lueur d’amour chez un garçon. On peut penser que cette très brève séquence est la scène-clef de la saga “Ring” et qu’ici, Suzuki a voulu vraiment dire “Oui Sadako est une victime, une martyre ; voici qui elle est, elle était innocente !” Ce passage, résumant tout l’objectif du film, rejoint mais va, à mon sens, bien plus loin que Georges Lucas et la rhéabilitation entreprise du personnage de Darth Vador (ceci sans mésestimer le travail scénaristique de Georges Lucas). Vador n’a jamais fait peur à personne, tandis que Sadako a terrifié, révulsé, voire dégoûté des millions de spectateurs qui l’ont craint, détestée et haï... Or, après avoir vu “Ring 0”, on ne peut que l’aimer, l’adorer, la comprendre et la plaindre... C’est là, probablement, un tour de force unique dans toute l’histoire du cinéma. Une remarque cependant, qui peut empêcher le film de se ranger au rang d’un pur chef-d’oeuvre, dont il n’est quand même pas loin : il ne fonctionne pleinement que parce qu’il vient apres le 1er “Ring”, sa force, outre ses qualités propres qui sont grandes, étant d’opérer un renversement comme on en vit rarement, jamais peut-être au cinéma. De chef-d’oeuvre pourtant, ce film possède tous les atouts nécéssaires. Le scénario signé Suzuki, s’il s’éloigne de sa propre saga romanesque, présente une intrigue au suspense constant, d’une richesse et d’une subtilité rares à l’écran, nécessitant plusieurs visions pour en saisir tous les méandres. Outre Sadako, quelques personnages attachants et dignes d’intérêt entrent en scène dans cette histoire qui se déroule dans le milieu du théâtre. D’une part, deux hommes, qui feront tout pour l’aider : son psychiatre, dévoué jusqu’au bout et Toyama, le sonorisateur, qui lui offrira la seule nuit de bonheur et - peut-être, on ne sait pas vraiment - d’amour qu’elle aura jamais connue et, à défaut d’amour au moins de tendresse. D’autre part, trois femmes, dont deux foncièrement antipathiques, la journaliste Miyaji et la comédienne acariâtre et ratée qui entraînera le reste de la troupe à s’acharner sur Sadako. Et enfin, la pathétique Tachihira Etsuko, que l’on devine secrètement amoureuse de Toyama lequel passe son temps à l’ignorer et ne rien voir. Sa jalousie sera le moteur du drame, elle la payera très cher. On peut dire à sa décharge qu’elle n’avait aucune idée de ce qu’elle allait provoquer et elle reste finalement plutôt à ranger parmi les personnages sympathique, faisant tout son possible, vers la fin pour sauver Sadako et Toyama de la fureur aveugle des membres de la troupe. La mise en scène ne le cède en rien au scénario. Le réalisateur est aussi à l’aise dans les passages intimistes que dans les grands mouvements de foule lorsque se déchaînent les pouvoirs de Sadako - on pense parfois à “Carrie” le chef-d’oeuvre de De Palma... mais en mieux ! - ou encore dans l’horreur pure à la fin du film où Sadako apparaît encore plus effrayante que dans les films précédents de la saga ! Inventive, sans cesse renouvellée, la mise en scène opére en des mouvements de caméra, des cadrages, un rythme, qui se fondent parfaitement à chaque instant de l’action. La musique est brillante, ample et parfois symphonique, à l’opposé de celle de Kenji Kawaï, mais tout aussi efficace quoique plus “occidentale”, parfois symphonique mais retrouvant aussi parfois le climat terrifiant des partitions de Kawaï pour les deux premiers “Ring”. Enfin et surtout, le film possède une interprétation irréprochable, jusque dans les petits rôles (on y retrouve dans leurs personnages, les interprêtes de Yamamura Shizuko et du prof. Ikuma Heihachiro dans les autres films) mais aussi et surtout, on retiendra la fabuleuse prestation de Yukie Nakama (qui aurait mérité un prix d’interprétation...) dans le rôle de la désormais mythique Yamamura Sadako, qui nous fait pleinement partager le tragique et terrifiant destin de son personnage et sinon approuver, du moins comprendre qu’une partie d’elle, certes démoniaque, ait déclenché contre le genre humain une aussi terrible malédiction... Car en fait, Suzuki se fait enfin ici plus précis quant aux origines de son personnage, dans la version cinématographique de sa saga, par la bouche du père de Sadako ou plutôt son pseudo-père Ikuma. Alors là, attention, ultime révélation : Sadako, fille de la medium Yamamura Shizuko, aux pouvoirs psychiques exceptionnels, enfant unique à l’origine, s’est mise à se dédoubler au cours de sa croissance et le professeur, impuissant à enrayer ce phénomène n’a pu que stopper le developpement de la deuxième enfant - la fillette que l’on aperçoit dans les 3 films et que l’on voit, sur la fin de celui-ci, fusionner avec sa soeur. Sadako serait ainsi toujours d’après Ikuma, et confirmant ainsi ce que certains passages des deux précédents films laissaient penser issue de l’accouplement de Shizuko avec une entité non-humaine. La personnalité dominante ayant conservé une apparence humaine, celle de la douce Sadako tournée vers le bien, héroïne de ce “Ring 0”. Mais elle laisse parfois malgré elle, s’extérioriser sa soeur et ses pouvoirs néfastes. Sa soeur qui est demeurée à l’âge de 10 ans sous l’effet des drogues de Ikuma, malfaisante et cachant derrière ses longs cheveux noirs son véritable visage a la ressemblance de leur vrai pere... un démon ???


 

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