
Visite Express !






|
 |

C'est le 23 mars 1910 que vient au monde Akira Kurosawa, à Omori (un quartier de Tokyo). Il est le septième enfant d'une famille issue d'une longue lignée de Samouraïs. Son père, militaire de carrière, lui impose à lui et à ses frères et sœurs, une éducation très stricte, qui poussera des années après son frère Heigo au suicide ce qui marquera profondément Kurosawa. C'est grâce à l'amour de son père pour le septième art, mais surtout grâce Heigo qui était commentateur de films muet que le jeune Akira va découvrir le cinéma et devenir cinéphile.
Kurosawa s'est très tôt trouvé un talent particulier pour la peinture (il dessinera lui-même tous ses story-board), grâce à l'un de ses professeurs. Il s'orientera donc d'abord vers la peinture et vivra pendant quelques années de ses illustrations puis il abandonnera ce moyen de vivre après avoir brûlé toutes ses toiles. En 1935 il répond à une annonce des studios de la Toho qui recrutent des assistants-réalisateurs.
Dès lors il assiste le réalisateur Kajiro Yamamoto et apprend sur le terrain les mécanismes de la réalisation.
En 1941, Kurosawa se sépare de son maître et commence à écrire des scénarios qui seront produits et réalisés par d'autres. Il se heurte à la censure qui prohibe tout élément à conotation "anglo-américaine". Pour la contourner, il réalise l'adaptation de la biographie d'un grand champion de judo du XIXeme siècle : Sugata Sanshiro. "La légende du grand judo" subit quelques coupes mais sort tout de même sur les écrans et rencontre un succès colossal au Japon : c'est le point de départ de sa superbe carrière.
A partir de ce moment, Akira Kurosawa enchaîne les films : dans un style d'époque comme Sugata Sanshiro II mais aussi dans un style réaliste avec le Chien enragé et l'Ange ivre qui marquera le début d'une collaboration longue de 17 ans avec Toshiro Mifune.
Avec Rashamon, Kurosawa va faire découvrir au monde entier l'existence du cinéma japonais : le film reçoit le Lion d'Or a Venise en 1951 alors que le réalisateur ignorait que son film était en compétition et que ses producteurs s'y étaient opposés.
Les succès s'enchaînent alors au Japon comme en occident avec des films comme Les 7 Samouraïs (Lion d'argent en 1954 a Venise), Sanjuro, Barberousse, Yojimbo, le Château de l'araignée, Vivre (Ours d'argent de Berlin en 1952) dont certains seront "remakés" par Siergo Leone (avec Pour une poignée de dollars) et John Sturges (avec les 7 mercenaires).
Mais dans les années 60, la roue tourne : on découvre une nouvelle génération de réalisateurs et Kurosawa est mis sur la touche. Cinq ans après Barberousse, il sort son premier film en couleur Dodeskaden mais c'est un échec commercial qui le pousse à la tentative de suicide.
Cinq autres années après ce qu'il appellera lui-même "un accident de parcourt", Kurosawa renoue avec le succès grâce à Dersou Ouzala : le film est tourné en URSS et reçoit un Oscar. Encore cinq ans après c'est au tour de Kagemusha de recevoir une Palme d'or à Cannes puis s'enchaînent d'autres films comme Ran ou dans un style plus inattendu Rêves ou bien encore Rhapsodie et son dernier film Madadayo (le Maître) en 1993.
"L'empereur" du cinéma japonais nous a quitté le 6 septembre 1998, à Tokyo à l'âge de 88 ans.
|