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Introduction
Depuis le mythique Akira en 1991, nous attendions avec impatience un nouvel opus de celui qui a su faire de la destruction massive du cauchemar urbain, un art total. Bien évidemment, nous avions pu nous régaler entre temps avec deux autres chef-d'œuvres à savoir "Memories" et "Metropolis", deux animes profondément apocalyptiques mais personne n'était dupe : Ôtomo nous préparait quelque chose de grand... Alors, après 10 ans de travail et 20 millions de dollars d'investit, du jamais vu dans l'histoire de l'animation, Steamboy est né.

Présentation
L'histoire se déroule dans l'Angleterre Victorienne de 1851 durant la célèbre Exposition Universelle à Londres, période de grands changements en pleine révolution industrielle. Ôtomo nous dépeind une nouvelle ère, celle de la suprématie des machines à vapeur. Il a laissé le champ libre à son imagination pour créer ce qu’il appelle lui-même un «nouveau monde steampunk», le steampunk étant un genre où l’action et l’aventure se déroulent
dans une version parodiée du XIXème siècle, mettant en scène des machines, inventions et gadgets mécaniques imaginaires. Nous sommes donc en Alaska, la tempête de neige fait rage et dans une usine des ouvriers s'activent sous l'œil inquisiteur des capitalistes. L'ambiance est "chaude", deux scientifiques (James Lloyd et son fils James Edouard) sont sur le point de mettre au jour une nouvelle invention. Le rythme s'accélère, Lloyd augmente la pression, Edouard veut tout arrêter, c'est l'accident.

Histoire
1851, Manchester, des cheminés à perte de vue, pas de toute l'industrie bat son plein. Dans une usine, des ouvrières s'affairent et une voix d'homme, celle du capitaliste propriétaire de cette fabrique. C'est la panique, la machine à vapeur est encore en panne et fou de rage, il prend peur en voyant le monstre s'emballer ; elle risque d'exploser d'un moment à l'autre. Les ouvriers doivent l'arrêter mais comment ? L'un deux équipé d'un gros marteau décide d'entâmer les commandes mais rien n'y fait. Il faut faire vite, sinon c'est le petit Ray qui va mourir. Soudain tout s'arrête, un petit corps sort des entrailles de la machine et Ray réussir à en sortir ! En guise de gratitude, le prix des réparations sera déduit du salaire des ouvriers. Une belle illustration du schéma traditionnel dominé/dominant qui nous plonge de manière brutale dans l'ambiance.
Ray fait partie d'une famille d'inventeurs, la famille Steam. Son père et son grand-père travaillent en Amérique pour la fondation Ohara. Et Ray n'échappe pas à ce don dont il use brillamment. Alors qu'il vient d'achever son invention (un monocycle à vapeur), le facteur apporte un colis pour la famille. Un colis du grand-père dans lequel se trouve la dernière invention de son père avec des plans et une note. Il faut que Ray remette l'invention au scientifique Stephenson et en aucun cas à la fondation Ohora ! On sonne alors à la porte, deux hommes étranges entrent... Ce sont deux sbires de la fondation, aucun doute il lui faut fuir. Son grand-père arrive alors au bon moment pour occuper "l'ennemie" et le prévenir de la mort de son père tandis que Ray "enfourche" pour la première fois son monocycle. Va alors avoir lieu une terrible course poursuite entre Ray et une machine à vapeur de la fondation Ohara. Alors qu'il est poursuivit, celui-ci se retrouve projeté sur une locomotive avec un poursuivant et par chance, la locomotive freine brutalement, les ennemis prennent la fuite et Ray est sain et sauf grâce à l'aide de l'assistant de Stephenson... Quelle chance. Il peut enfin lui parler de l'invention mais le wagon dans lequel ils se trouvent se fait subitement attaquer par un dirigeable doté de bras métalliques. Ray ne lâche pas prise, il est kidnappé avec cette étrange invention. La nation se porte alors garante de son retour.

Il se retrouve alors dans Londres. C'est l'heure du déjeuner et il découvre avec stupéfaction ses "compagnons" : Simon un responsable de la fondation, Scarlett Ohora la fille du président de la fondation du même nom et... Son père ! Il porte quelques prothèses certes mais il est bel et bien en vie. Des explications s'imposent alors. Ray, accompagné de son père et de Scarlett vont alors monter au sommet du pavillon de la fondation Ohora. Tour construite pour l'exposition universelle dans laquelle sont exposées une multitude d'armes à usage terrestre, maritime ou aérien. La tour gigantesque fonctionne grâce aux trois exemplaires de l'invention de son père, tout s'éclaire alors. Ce sont des machines à vapeur miniaturisées à l'énergie incommensurable du nom de Steamball, objet de toutes les convoitises...
Son père lui explique qu'il y a une divergence d'opinion entre lui et son grand-père emprisonné en ce lieu. Mais pas pour longtemps car celui-ci parvient à s'enfuir de sa cellule et met tout en œuvre pour saboter l'installation. Ray va le rencontrer par hasard et tout va alors changer. Le but de la fondation est de vendre des armes de guerre plus destructrices les unes que les autres. Il faut tout stopper. Avec l'aide de son grand-père, Ray va retirer l'une des Steamball nécessaire au bon déroulement de l'opération et réussir à s'enfuir. Il est recueillit par les nationalistes.

La Reine Mère célèbre l'ouverture de l'exposition, la pression monte peu à peu... Après sa nouvelle discussion avec Stephenson, Ray commence à se poser des questions car la science doit servir au bonheur de l'Homme et non comme l'affirme Stephenson au bonheur de la nation qui par la suite conduirait à celui de l'Homme. Oui mais à quel prix ? Combien de gens devront périr pour cela ? Stephenson lui, ne se pose pas de questions et demande aux forces policières de prendre d'assaut la tour. Pendant ce temps, Ray est conduit avec l'assistant dans l'atelier du scientifique. Il faut terminer la mise au point de leurs nouveaux modèles de machine à vapeur et la Steamball résoudra les derniers problèmes persistants.
La police entre dans la tour mais ce qu'ils ne savent pas, c'est qu'ils vont servir de pions pour la démonstration "commerciale" de Simon. Des soldats à vapeur les attendent et c'est alors le début d'une bataille "titanesque". Les troupes surpuissantes des Ohara laminent les forces policières. Mais arrivent des mers, des tanks qui entâment la suprématie des soldats à vapeur… Phase B du combat : c'est au tour des hommes volants à vapeur d'intervenir. Ils bombardent alors allègrement les tanks en place. Dans un même temps l'armée Britannique bombarde la tour, le tout dans un suspense haletant. Phase C, les troupes maritimes d'Ohara passent à l'attaque. Le combat penche en faveur du côté Britannique mais les unités Ohara ont eu le temps de montrer leur puissance de feu. Une couverture à la fois terrestre, aérienne et maritime ; de quoi séduire les clients.
Du côté de Ray, un homme volant à vapeur s'est écrasé sur l'atelier provoquant une explosion plutôt bienvenue pour Ray, menacé par l'assistant et sa soif de pouvoir ! La tour commence à faiblir, une seule solution : s'enfuir en déployant la capacité secrète et première de celle-ci en s'envolant. Projet suicidaire avec seulement deux Steamball, mais James Edouard est décidé, il ne peut plus reculer. Quelques instants plus tard, la tour Steam s'envole devant les yeux ébahit du tout Londres !

Les Britanniques vont alors tout mettre en œuvre pour stopper la forteresse volante mais en vain ! Les clients ont trop peur, Simon s'enfuit avec eux dans un dirigeable et il ne reste plus que Lloyd, Edouard et Scarlett. Ray doit les sauver et après avoir modifié la machine à vapeur volante en sorte de propulseur à vapeur, il prend la direction de la forteresse. Il en profite pour mettre fin aux jours de l'un des sbires et va à la rencontre de sa famille. Il arrive au moment même où son grand-père qui après avoir réussit à se libérer de ses chaines, tire sur son fils. Ils se trouvent alors au-dessus de Londres, d'ailleurs ils sont à moitié écrasé, la forteresse ne tiendra plus longtemps ! Ray doit placer la troisième Steamball. Après un petit combat contre le dernier sbire et sa grue, la forteresse bénéficie à nouveau de sa pleine puissance. Edouard retourne voir son père et cette tentative d'assassinat semble lui avoir remis les idées en place. Avant de faire disparaître ce monstre de la science, tous deux décident d'offrir une dernière distraction à Londres : des jambes mécaniques se déploient et une "fête foraine" apparaît sur le haut de la forteresse pour le plus grand bonheur des Londoniens. Puis la forteresse commence à véritablement se désagréger, il est alors temps pour Ray et Scarlett de s'enfuir. La forteresse termine sa course dans la Tamise avec Lloyd et Edouard. Au contact de l'eau, la vapeur crée une magnifique et immense fleur de gel !
Scarlett et Ray sont maintenant hors de danger mais une interrogation persiste : Lloyd et son fils sont-ils encore en vie ? C'est alors qu'un petit sous marin progresse sous l'eau ; pas de doute, ils sont toujours en vie ! Ray avait raison sans le savoir, ils n'en sont qu'au début de l'ère des inventions, la famille Steam ne pouvait disparaître.

Critique
Dans Steamboy, Ôtomo mélange le moderne et le 'rétro'. Il oppose deux scientifiques, un père et son fils. Deux visions du monde : l'un perverti aux vices du capitalisme, l'autre voulant une science pour le bonheur de l'Homme. Deux ennemis, une Angleterre nationaliste qui a soif de pouvoir et une firme, la fondation Ohara prête à toutes les atrocités pour s'enrichir. Ôtomo nous dresse dans son film une critique du capitalisme, de ses perversions et des catastrophes qu'entraîne la science entre de mauvaises mains. Un film qui retourne à l'origine même de la fatalité moderniste pour nous démontrer une vérité qui n'a finalement rien de si 'rétro'.
Outre ce côté critique, nous vivons une belle histoire, celle de Ray un jeune garçon qui au travers de son "parcours initiatique" va découvrir des réalités obscures. Une belle leçon de courage, d'amitié et de pureté. Mais aussi la "découverte" d'un monde occidental décadent.
Steamboy frappe dès les premiers instants par sa qualité graphique. Le film a bénéficié de toutes les dernières recherches en matière de technologie numérique permettant ainsi un savoureux mélange de 2D et 3D, des plans inédits et des effets vapeurs "réels". Et tout cela marié avec des dessins de toute beauté et extrêmement fidèles à la réalité historique. Le film que l'on peut décomposer en deux phases est très bien structuré avec une première phase qui met en place l'histoire, l'opinion de Ray, et une seconde axée action, qui découle de la première en nous montrant les conséquences et le dénouement. Et même si on peut reprocher au film une première partie un peu longue, le suspense vous prend réellement à la gorge. Vous faites partie intégrante de l'histoire, il n'y pas de doute ce film est fabuleux.

Lexique
Le monocycle
Ray a fabriqué son monocycle à vapeur dans son propre atelier, d'après des dessins trouvés sur le carnet de son grand-père inventeur. On voit le monocycle pour la première fois lorsqu'il s'échappe en l'utilisant pour préserver la Steamball des griffes de la fondation Ohara. Le monocycle peut être mû par des pédales ou par son moteur à vapeur, comme les précurseurs de vélomoteurs actuels.
Le dirigeable avec bras métalliques
Lorsque pour fuir la fondation Ohara et protéger la Steamball, Ray s'échappe grâce à un train à vapeur, les hommes de la fondation le poursuivent et s'emparent de lui grâce à un dirigeable équipé de bras métalliques. Le vaisseau vole parce qu'il est entièrement rempli d'hydrogène. La nacelle mue par la vapeur provoque la poussée. La cheminée de la chaudière s'étire loin de l'aéronef pour que l'air chaud qui s'en échappe ne fasse pas exploser l'hydrogène.
La steam Ball
Dans le monde de STEAMBOY, la vapeur est l'ultime forme d'énergie. Pour accroître encore sa puissance, une énorme chaudière était essentielle. Le grand-père de Ray, Lloyd, a inventé une chaudière à vapeur à haute pression et haute densité qui a seulement la taille d'un ballon de football. Ce dispositif est suffisamment petit pour que Ray le cache dans sa chemise lorsqu'il fuit les hommes de la fondation Ohara. Bien que petite, la Steamball a une incroyable puissance, bien plus grande que n'importe quelle autre machine à vapeur.
Les machines à vapeur de la fondation Ohara
Les machines à vapeur de la fondation poursuivent Ray sur son monocycle. Leur cockpit est équipé de deux sièges. Un opérateur installé à l'avant pilote la machine ; un autre à l'arrière ajuste la puissance du moteur à vapeur. Les roues avant et arrière sont montées sur des essieux. Les machines foncent sur Ray comme des locomotives. Elles sont si lourdes et si puissantes que lorsque les routes s'effondrent, elles pulvérisent les maisons et détruisent tout sur leur passage.
Les soldats à vapeur
Les soldats à vapeur sont les fantassins de la fondation Ohara. Ils sont puissamment armés et équipés de moteurs intégrés à leur paquetage, d'où s'échappe de la vapeur. Leurs uniformes sont inspirés des armures des chevaliers du Moyen-âge et ils portent des cottes de mailles sous leur armure. Les policiers de Scotland Yard qui viennent inspecter le Pavillon Ohara sont sous le choc en découvrant l'ampleur de la menace qu'ils représentent.
Les hommes volants à vapeur
Ils forment la seconde vague de soldats de la Fondation Ohara envoyée contre les chars à vapeur de l'Armée Britannique. Leur uniforme ressemble à celui des soldats à vapeur mais ils portent un propulseur sur leur sac à dos doté d'ailes et d'ailerons, et ont une sorte d'empennage à l'arrière. Ils volent grâce à la pression de la vapeur et aux applications pratiques de l'aérodynamique. Ils peuvent laisser tomber les bombes qu'ils portent à la taille sur n'importe quelle cible.
Le pavillon de la fondation Ohara
Le pavillon a été construit pour l'exposition universelle de Londres. Y sont exposées une multitude d'armes à usage terrestre, aérien ou maritime, utilisant les dernières technologies à base de vapeur. De l'extérieur, le pavillon ressemble à un hall d'exposition mais l'intérieur révèle son véritable aspect, celui d'un château à vapeur, une invention terriblement menaçante.
Les chars de l'armée Britannique
En réponse aux armes mécaniques de la fondation Ohara, l'Armée Britannique envoie des chars à vapeur. Un moteur à vapeur est fixé au centre de la structure blindée du char, et le pilote et le tireur sont installés à l'extérieur du véhicule. Les chars sont montés sur des chenilles d'acier qui leur permettent de se déplacer dans n'importe quelle direction.

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