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Visite Express !
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![]() D'après une idée originale de Hayao Miyazaki (Princesse Mononoké, Le Château Ambulant, Le Voyage de Chihiro), Pompoko conte l'histoire des tanukis, petits animaux à l'intelligence hyper-développée et l'espièglerie sans limite (en tout cas dans le film). Alors qu'ils vivaient en paix depuis plusieurs générations avec les paysans japonais, les tanukis se voient obligés de faire face à une croissance exponentielle des alentours de Tokyo en 1967. En effet, la déforestation s'intensifie le jour où le gouvernement décide d'entreprendre la construction de la ville nouvelle de Tama. Mais c'est sans compter sur l'esprit combatif et préservateur des tanukis qui vont tout mettre en œuvre pour sauvegarder leur environnement. Dès lors, les tanukis s'attèleront à élaborer diverses stratégies, de la rétention des naissances jusqu'aux actes de terrorisme contre les humains dans l'espoir éphémère de faire reculer cette race de plus en plus entreprenante. ![]() Lorsque l'on regarde Pompoko, on retrouve tout de suite nos marques dans les thématiques si chères au studio Ghibli. Ecologie, amour, amitié, Pompoko ne fait pas exception à la règle et exploite à fond les domaines de prédilection du studio japonais. Plus qu'une simple ode à la nature, c'est un véritable manifeste conscient sur des problématiques graves qui animent aujourd'hui le monde écologique. La déforestation sauvage des hommes s'avère sans pitié à une époque où la conscience écologique n'avait justement pas encore pris forme et Takahata parvient à dénoncer tous les travers des politiques de l'époque (et d'aujourd'hui) au travers d'une narration alternant subtilement des discours directs et indirects. On vit avec les tanukis la progression de l'urbanisme et on comprend à la fois l'utilité de leurs actes (presque citoyen envers la forêt) mais on en conçoit aussi la futilité. ![]() C'est par cet équilibre constant entre les actions désespérées des tanukis et la progression des villes que le réalisateur parvient à captiver du début jusqu'à la fin le spectateur. Pour le maintenir dans l'histoire, Takahata use d'ailleurs de toutes les subtilités de la narration avec des scènes à la fois drôles et dramatiques, une réalité douce (les jeux amoureux des tanukis) mais aussi brutale (les victimes du conflit). En établissant cette dualité dans la mise en scène, Isao Takahata surprend son public et le plonge, l'immerge totalement dans l'univers et la vie des tanukis pendant près de deux heures. Si on identifie aisément les caractères de chaque membre du village, il n'en reste pas moins que l'on est émerveillé par l'inventivité de ses animaux et par leur volonté de conserver un style de vie incompatible avec l'urbanisme croissant de l'époque. ![]() Une animation simple pour montrer toute la froideur du réel. Si Pompoko se distingue par un graphisme enfantin, simpliste, il ne faut pas se fier aux apparences. Ce choix n'est pas innocent et il renforce au contraire l'immersion dans l'univers des tanukis. La force du message de Takahata se trouve décuplée justement par la simplicité du graphisme qui ne cache en rien la dureté de certaines scènes. Toutefois, la narration demeure à chaque fois présente pour expliciter le contexte, la situation comme pour adoucir ces moments difficiles que vivent les tanukis. Fort d'une animation réussie et d'un graphisme se prêtant magnifiquement aux frasques des joyeux drilles qui composent le village, Pompoko ravira les jeunes et les moins jeunes par la simplicité de sa réalisation qui ne sert finalement qu'à valoriser d'autant plus le message puissant du réalisateur. ![]() Après le magnifique Tombeau des Lucioles, Takahata revient donc sur le devant de la scène de l'animation japonaise avec Pompoko. Porteur de valeurs fortes, le long métrage marque les esprits des spectateurs qu'ils soient petits ou grands. Certes, chacun ressortira de cette expérience avec une vision différente, certains aspects et sujets nécessitant une maturité profonde mais il n'en demeure pas moins que le réalisateur japonais réalise ici l'un des manifestes les plus poignants et les plus réalistes sur le comportement des hommes face à leur environnement direct. Finalement, on en vient à se demander à la fin du film laquelle des deux espèces est la plus sauvage dans son attitude, l'une essayant de protéger son environnement à tout prix et l'autre s'accaparant des pans entiers de territoires pour satisfaire son seul besoin naturel sans en respecter l'équilibre établi depuis des années. Pompoko n'est définitivement pas une œuvre qui laisse insensible et, par sa faculté à capter l'attention du spectateur et à changer son regard sur le monde extérieur, le film de Takahata s'impose comme un ouvrage à voir absolument au même titre qu'un Tombeau des Lucioles et un Princesse Mononoké. ![]() Renseignements sur le film : Sortie française : 18 janvier 2006 Titre original : Hesei tanuki gassen Pompoko Réalisation, scénario : Isao Takahata Producteur : Toshio Suzuki, Hayao Miyazaki Compositeur(s) : Koryu Manto Watanobe, Yoko Ino, Ryojiro Furusawa, Koryu Les Studios Ghibli, Japon Photos : © Buena Vista International |
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